Pour se faire ou pour ce faire : ne plus se tromper

« Pour ce faire » signifie « pour cela » ou « à cette fin » ; c’est la bonne forme quand « ce » reprend une idée déjà mentionnée. « Pour se faire » s’emploie seulement quand « se faire » est un verbe ...

Pour se faire ou pour ce faire : ne plus se tromper
Marie Texier ·
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« Pour ce faire » signifie « pour cela » ou « à cette fin » ; c’est la bonne forme quand « ce » reprend une idée déjà mentionnée. « Pour se faire » s’emploie seulement quand « se faire » est un verbe pronominal, comme dans « pour se faire entendre » ou « pour se faire aider ».

Vous hésitez au moment d’écrire un courriel, une consigne ou un article, et le doute tombe toujours au même endroit : faut-il écrire « pour ce faire » ou « pour se faire » ? Je rencontre très souvent cette confusion en contexte scolaire et professionnel, parce que les deux suites de mots se prononcent pareil. En réalité, le choix devient simple dès qu’on pose la bonne question : parle-t-on de « cela » ou du verbe pronominal « se faire » ? Avec un test de substitution très court, on évite presque toutes les erreurs sans apprendre une règle compliquée.

En bref : les réponses rapides

« Pour ce faire » est-il soutenu ou vieilli ? — L’expression n’est pas fautive ni vieillie, mais elle sonne plus soutenue que « pour cela ». Dans un texte pédagogique ou web, la version simple est souvent plus fluide.
Peut-on remplacer systématiquement « pour ce faire » par « pour cela » ? — Presque toujours, oui, car le sens reste le même. La différence tient surtout au registre de langue et au degré de formalité.
Pourquoi écrit-on « se » dans « se faire entendre » ? — Parce que « se » appartient au verbe pronominal « se faire » : le sujet subit ou provoque pour lui-même l’action exprimée ensuite, ici être entendu.
Quelle différence entre « ce faisant » et « se faisant » ? — « Ce faisant » signifie « en faisant cela ». « Se faisant » n’est correct que si « se faire » garde son sens verbal pronominal dans la phrase.

La règle en 30 secondes : comment choisir entre « pour ce faire » et « pour se faire »

Réponse directe : les deux formes existent, mais elles n’ont pas le même sens. Pour ce faire signifie pour cela, à cette fin. Pour se faire s’emploie quand se faire est un verbe pronominal : se faire entendre, se faire aider, se faire élire. En orthographe, le piège vient d’homophones grammaticaux très proches à l’oreille.

La différence tient à la nature de ce ou se. Dans la langue française, ce est ici un pronom démonstratif : il renvoie à une idée déjà exprimée. On peut souvent le remplacer par cela. Exemple : Le collège veut renforcer la médiation ; pour ce faire, il forme les délégués. La suite signifie bien pour cela. À l’inverse, se est un pronom réfléchi lié au verbe faire, dans une construction de verbe pronominal. Exemple : L’élève parle plus fort pour se faire entendre. Ici, il ne s’agit pas d’un but abstrait, mais d’une action subie, obtenue ou provoquée pour soi. En rédaction rapide, l’oreille trompe souvent la main ; par conséquent, il faut raisonner par fonction grammaticale, non par sonorité.

Le test mental est très court. Si vous pouvez remplacer l’expression par pour cela ou à cette fin, écrivez pour ce faire. Si vous pouvez développer en pour se + faire quelque chose, ou comprendre obtenir quelque chose pour soi, écrivez pour se faire. Quelques contrastes suffisent : L’établissement lance une enquête ; pour ce faire, il diffuse un questionnaire. Mais : L’établissement communique mieux pour se faire connaître. La professeure a reformulé la consigne ; pour ce faire, elle a donné un exemple. Mais : L’orateur ralentit pour se faire comprendre. La mairie finance l’atelier ; pour ce faire, elle vote une subvention. Mais : Le candidat débat beaucoup pour se faire élire. En revanche, dans Il a tout fait pour se faire punir, la présence du verbe pronominal ne laisse aucun doute : pour cela serait impossible.

À retenir

Pour cela = pour ce faire. Se faire entendre / aider / élire / connaître = pour se faire. Même prononciation, sens différent : ce sont des homophones, pas des variantes libres.

La méthode propriétaire : arbre de décision express + tableau de substitution

Pour trancher vite, posez-vous une seule question : pouvez-vous remplacer l’expression par « pour cela » ? Si oui, écrivez pour ce faire. Si non, vérifiez si se faire garde un sens verbal complet, avec un infinitif explicite ou sous-entendu, comme dans se faire connaître ou se faire accompagner. Cette double substitution suffit dans la grande majorité des cas.

La méthode tient en deux réflexes. Le premier relève de la syntaxe et du sens : si la séquence équivaut à pour cela, à cette fin ou afin de le faire, vous êtes face à une locution figée, de registre plutôt soigné : pour ce faire. Exemple : Le dossier était incomplet ; pour ce faire, il a ajouté une pièce. Le second réflexe vérifie si pour se faire appartient à une vraie construction verbale. Ici, se faire n’est pas une formule toute faite : le verbe garde son autonomie, souvent avec une idée de transformation, d’action subie ou de résultat recherché. On dira ainsi : Il a tout fait pour se faire accepter. Si vous cherchez comment écrire pour ce faire ou pour se faire, retenez ceci : l’une renvoie au but d’une action déjà évoquée, l’autre à un verbe pronominal encore vivant dans la phrase.

Forme Test rapide Sens Exemple correct Erreur typique
pour ce faire Remplaçable par pour cela / à cette fin Dans ce but, afin d’y parvenir Le règlement a été clarifié ; pour ce faire, l’équipe a reformulé l’article. Le règlement a été clarifié pour se faire.
pour se faire Se faire garde un sens verbal, souvent avec un infinitif Obtenir, provoquer, subir, devenir Elle s’entraîne pour se faire remarquer à l’oral. Elle a révisé ; pour se faire, elle a changé de méthode.
se faisant Équivaut à ce faisant ? Non : prudence Participe présent du verbe se faire Il progresse en se faisant confiance. Confondre avec ce faisant, qui signifie en agissant ainsi

Les cas limites sont les plus utiles en relecture, car les deux suites peuvent coexister sans être interchangeables. Comparez : Il a tout fait pour se faire accepter et Il a modifié son dossier ; pour ce faire, il a ajouté une pièce. Dans le premier cas, la pour se faire expression reste adossée à un verbe pronominal ; dans le second, la locution annonce le moyen choisi. On peut même écrire : Il a repris sa présentation ; pour ce faire, il a simplifié ses exemples afin de se faire comprendre. Tout est correct, car les fonctions diffèrent. Pour un pour ce faire synonyme, testez pour cela ; si la phrase tient, la graphie est bonne. En relecture scolaire ou professionnelle, je conseille une mini-vérification mentale : remplacer, écouter le registre de langue, repérer un infinitif, puis relire le sens global. En quatre secondes, l’erreur tombe.

« ce faisant » ou « se faisant » ? « pour ce faire » ou « pour se faire » ? — Projet Voltaire

Cas limites : quand les deux suites de mots existent, mais ne disent pas la même chose

Les deux formes existent, mais elles n’ont pas la même fonction. Ce faire reprend une action déjà nommée : « Pour ce faire » signifie pour faire cela. Se faire, lui, appartient à un verbe pronominal ou à une tournure infinitive : « pour se faire entendre », « pour se faire élire ». La ressemblance visuelle piège vite. Le sens, lui, tranche.

Comparez : « Pour ce faire, l’équipe vote » / « Pour se faire élire, il convainc les hésitants » ; « Pour ce faire, la mairie consulte » / « Pour se faire respecter, elle fixe un cadre » ; « Pour ce faire, nous simplifions la consigne » / « Pour se faire pardonner, il écrit ». Même contraste avec « Pour ce faire, l’élève relit » / « Pour se faire remarquer, il coupe la parole », puis « Pour ce faire, l’association recrute » / « Pour se faire connaître, elle communique ». En revanche, « ce faisant » signifie en faisant cela, tandis que « se faisant » renvoie au sujet : « une réputation se faisant lentement ». C’est la même source d’erreur : proximité graphique, mais analyse grammaticale différente.

Exemples en contexte : mini-corpus classé par registre, de l’école à l’écrit professionnel

Le bon choix dépend toujours de la phrase entière. Pour ce faire relève surtout du registre soutenu, fréquent dans l’écrit administratif ou institutionnel. Pour se faire apparaît quand un sujet agit sur lui-même ou en tire un effet : se faire respecter, se faire accompagner, se faire entendre. En style simple, pour cela suffit souvent.

À l’école, on lit facilement : Le règlement intérieur sera relu en classe ; pour ce faire, l’enseignant prévoit un temps d’échange. Autre phrase correcte : Le projet pédagogique vise à améliorer la prise de parole ; pour cela, des débats réglés sont organisés. Variante plus soutenue : Le conseil d’élèves souhaite mieux informer les familles ; pour ce faire, une note sera diffusée. En revanche, on dira : L’élève doit apprendre à se faire comprendre à l’oral, parce qu’il s’agit bien d’une action subie ou obtenue par le sujet. Erreur fréquente relevée en copie : Le professeur a rappelé les règles pour se faire. Correction : pour ce faire si l’on veut dire pour cela, ou bien reformulation plus naturelle : Le professeur a rappelé les règles pour cela. Si vous vous demandez comment utiliser pour ce faire, testez toujours la substitution par pour cela.

Dans le registre courant ou journalistique, la langue préfère souvent la clarté. On écrira : Le collège veut prévenir le harcèlement ; pour cela, il forme les délégués. En article de presse : La mairie veut associer les parents au conseil d’école ; pour ce faire, elle ouvre une réunion publique. À l’oral, on entend plutôt : Pour se faire respecter, il faut parler calmement et clairement ou Elle s’est avancée pour se faire entendre malgré le bruit. Erreur typique : La commune lance une consultation pour se faire. Correction : pour ce faire, ou mieux, pour cela. Le contraste devient net avec des cas limites : Le directeur a réuni l’équipe pour ce faire signifie pour réaliser cela, tandis que Le directeur a changé de ton pour se faire respecter exprime un effet recherché sur lui-même. Rien à voir avec de ce fait, qui marque une conséquence, ni avec tout se fait, tournure générale sans rapport avec cette opposition.

Dans l’écrit professionnel et l’administratif, la formule soutenue reste vivante : L’établissement souhaite harmoniser les sanctions ; pour ce faire, une commission interne sera consultée. On lit aussi : Le service vie scolaire veut améliorer l’accueil des familles ; pour cela, un guide sera remis à la rentrée. En contexte civique : Le conseil d’école examine la participation des parents ; pour ce faire, un questionnaire anonyme est proposé. Quand l’action retombe sur le sujet, on change de logique : Le médiateur doit se faire accepter par tous. C’est la base pour comprendre comment utiliser se faire. Mon conseil de rédaction est simple : dans beaucoup de textes pédagogiques, pour cela est plus lisible que pour ce faire. Gardez la forme soutenue pour un compte rendu, une note officielle ou un courrier institutionnel ; ailleurs, la simplicité gagne souvent.

Les erreurs les plus fréquentes, les synonymes utiles et le réflexe de relecture

L’erreur la plus courante consiste à écrire « pour se faire » à la place de la locution figée « pour ce faire ». Le bon réflexe est simple : remplacez par « pour cela ». Si la phrase fonctionne, gardez ce. Sinon, vérifiez si se faire est bien un verbe pronominal réel.

Dans les copies, les mails et les contenus web, la confusion vient presque toujours du duo ce ou se. On lit ainsi « pour se faire, nous avons créé un formulaire », alors que la phrase veut dire pour cela : il faut donc écrire « pour ce faire ». Même piège avec « ce faisant », qui signifie en faisant cela, souvent déformé en « se faisant » sans raison grammaticale. À l’inverse, se faisant existe, mais dans un vrai emploi pronominal : « une place se faisant rare », tournure peu courante. Autre faux rapprochement fréquent : « de ce fait » n’est pas un cousin de se faire, mais une locution causale, proche de par conséquent. Enfin, la question « comment cela se faisait-il » est correcte, car se faisait dépend ici du verbe pronominal se faire, comme dans la recherche comment ça se fait définition. Le sens guide tout. La forme suit.

Pour un pour ce faire synonyme, choisissez selon le registre. Pour cela est le plus naturel, surtout à l’école, dans un mail ou sur le web. À cette fin sonne plus administratif. Afin d’y parvenir est plus soutenu, parfois plus fluide dans un rapport. J’évite souvent « pour ce faire » quand la phrase devient lourde ou solennelle sans besoin. Un texte simple gagne en netteté. Avant de rendre un devoir ou de publier un article, appliquez un mini protocole en 3 étapes : testez d’abord pour cela ; repérez ensuite si se faire décrit vraiment une action subie, produite ou en train d’advenir ; relisez enfin avec un correcteur comme MerciApp ou Projet Voltaire, utile mais pas infaillible. Les ressources de l’Office québécois de la langue française, les fiches de français et chaque exercice ciblé restent excellents pour ancrer le réflexe.

Quand on met se où ce ?

On écrit « se » devant un verbe pronominal : « il se lève », « cela se voit ». On écrit « ce » comme déterminant ou pronom : « ce livre », « ce sont ». Astuce simple : si vous pouvez remplacer par « me » ou « te », il faut souvent écrire « se ». Sinon, « ce » est généralement la bonne forme.

Comment utiliser se faire ?

« Se faire » s’emploie dans plusieurs sens : subir une action (« se faire gronder »), devenir (« se faire rare ») ou réaliser quelque chose (« se faire un café »). Dans la langue courante, l’expression est très fréquente. Il faut surtout vérifier le sens de la phrase pour choisir la construction correcte et éviter les confusions avec « ce faire ».

Comment écrire pour ce faire ou pour se faire ?

On écrit « pour ce faire » quand cela signifie « pour faire cela », « à cette fin ». C’est une locution correcte et soutenue. On écrit « pour se faire » seulement si le verbe pronominal « se faire » a un vrai sens dans la phrase, par exemple : « il agit pour se faire entendre ». Le contexte décide donc de l’orthographe.

Comment cela se Faisait-il ?

La forme correcte est « Comment cela se faisait-il ? » avec une minuscule à « faisait » et un trait d’union dans l’inversion. Ici, « se faisait » vient du verbe pronominal « se faire ». Cette tournure sert à demander par quel moyen ou dans quelles conditions une chose était possible ou se produisait.

Quels qu'ils soient orthographe ?

La bonne orthographe est « quels qu’ils soient ». On écrit « quels » en deux mots avec « que », car il s’agit de l’expression figée « quel que ». Le mot « quels » s’accorde avec le nom sous-entendu ou exprimé. Exemple : « Quels qu’ils soient, ces arguments doivent être examinés avec attention. »

Comment ça se fait définition ?

L’expression « comment ça se fait ? » signifie « comment est-ce possible ? » ou « pour quelle raison cela arrive-t-il ? ». C’est une tournure familière très utilisée à l’oral. Elle sert à demander une explication, parfois avec surprise. À l’écrit formel, on préfère souvent « comment cela se fait-il ? ».

Comment écrire pour se faire ou pour ce faire ?

Il faut distinguer deux cas. « Pour ce faire » veut dire « pour faire cela » : c’est la forme attendue dans un registre soigné. « Pour se faire » s’emploie quand le sujet fait l’action sur lui-même ou dans un verbe pronominal, comme dans « elle parle fort pour se faire remarquer ». La nuance repose sur le sens.

Comment utiliser pour ce faire ?

J’utilise « pour ce faire » pour annoncer un moyen, une méthode ou un objectif immédiat. Cette locution signifie « pour faire cela ». Exemple : « Nous devons clarifier la règle ; pour ce faire, je propose un exemple simple. » Elle convient surtout à l’écrit soutenu, administratif, scolaire ou professionnel.

Retenez un réflexe unique : si vous pouvez remplacer par « pour cela », écrivez « pour ce faire ». Si vous parlez de quelqu’un qui doit « se faire » entendre, aider, élire ou accepter, écrivez « pour se faire ». Ce repère suffit dans la grande majorité des cas. Pour sécuriser vos écrits scolaires, administratifs ou web, relisez la phrase à voix basse et testez immédiatement la substitution : c’est la méthode la plus rapide et la plus fiable.

Mis à jour le 04 mai 2026

Marie Texier
À propos de l'auteur

Marie Texier

Professeure des écoles à Roubaix (académie de Lille) depuis 2008, formatrice INSPÉ en EMC cycle 3. Titulaire d'un Master MEEF 1er degré et de la formation Laïcité–Valeurs de la République (2019). Écrit ici sur la mise en pratique quotidienne de la laïcité à l'école élémentaire.

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