Le classement de la liberté d’expression mérite d’être bien lu

Le classement de la liberté d’expression renvoie le plus souvent au Classement mondial de la liberté de la presse, qui évalue les conditions d’exercice du journalisme dans 180 pays et territoires. Il ...

Le classement de la liberté d’expression mérite d’être bien lu

Publié par : Marie Texier, rédactrice spécialisée en laïcité au premier degré

Supervision éditoriale : la rédaction de Laïcité École

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Il mesure la liberté des médias, non l’ensemble des libertés publiques ni la seule opinion des citoyens.

En 2025, la France occupe la 21e place du Classement mondial de la liberté de la presse. Ce chiffre semble facile à commenter, mais il devient trompeur dès qu’on le réduit à un verdict sur la démocratie française. Soyons précis : un rang international compare des conditions de travail journalistique, des pressions et des garanties institutionnelles. Il ne dit pas, à lui seul, tout de la liberté d’expression vécue par les citoyens, les élèves ou les enseignants.

Ce qu'il faut retenir

Quel est le dernier classement disponible de la liberté de la presse ? Il faut distinguer la date de consultation de la date de l’édition. Au 25 juillet 2026, le lecteur doit vérifier directement sur le site de RSF quelle édition est la plus récente, plutôt que reprendre un article daté sans contrôle.
Quelle différence existe-t-il entre liberté d’expression et liberté de la presse ? La liberté d’expression concerne largement la possibilité d’exprimer des idées dans le cadre de la loi ; la liberté de la presse concerne plus précisément l’indépendance et la sécurité nécessaires au travail des médias et des journalistes.
Pourquoi la France gagne-t-elle ou perd-elle des places dans le classement RSF ? Un changement de rang dépend de l’évolution de sa situation et de celle des autres pays. Il doit être interprété avec le score, le millésime et l’analyse qualitative publiés par RSF.
Peut-on utiliser le classement de la liberté de la presse en classe ? Oui, comme source datée à analyser. La séance doit faire distinguer faits, méthode de classement, interprétations et opinions des élèves.

Classement de la liberté d’expression : de quoi parle-t-on exactement ?

Soyons précis : le « classement de la liberté d’expression » recherché en ligne désigne le plus souvent le Classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans frontières. Or la liberté d’expression est un droit large : elle concerne la possibilité d’exprimer, recevoir et diffuser des idées, dans les limites du cadre légal. La liberté de la presse porte, elle, sur les conditions concrètes dans lesquelles les médias et les journalistes peuvent enquêter, vérifier, publier et protéger leurs sources.

Le classement mondial de Reporters sans frontières observe donc l’environnement du journalisme dans les pays et territoires qu’il couvre. Il ne résume ni l’ensemble des libertés publiques ni la seule liberté d’opinion des citoyens. Un rang est utile, à condition de lire son année, son score, ses critères et le contexte national. Confondre le droit d’expression et la capacité réelle des journalistes à travailler fausse le débat.

Classement mondial de la liberté de la presse : la France et les repères récents

Un classement annuel exige une lecture chronologique rigoureuse. Mélanger les millésimes revient à fabriquer une progression ou un recul que les données ne démontrent pas. Pour connaître l’édition en vigueur, consultez la publication la plus récente de Reporters sans frontières.

ÉditionRepèreSource
2023La France occupait la vingt-quatrième place.Le Monde
2024La France atteignait la vingt-et-unième place ; l’indicateur politique reculait globalement de 7,6 points.franceinfo
2025La Norvège demeurait le pays le mieux classé.Statista

Le passage de la France de la vingt-quatrième à la vingt-et-unième place est un repère, non un verdict global sur le pays. Il faut encore examiner ce que recouvrent les indicateurs. Le rang seul ne parle jamais tout à fait.

1
la France occupe la 24e place selon Le Monde.
2
la France atteint la 21e place selon franceinfo.
3
la Norvège arrive en tête selon Statista.
4
Règle de lecture toujours comparer des éditions datées et citer la source.
Frise des repères 2023 à 2025 du classement mondial de la liberté de la presse
Ce que l’indice RSF évalue : politique, économie, sécurité et conditions du journalisme

Ce que l’indice RSF évalue : politique, économie, sécurité et conditions du journalisme

Le classement de Reporters sans frontières ne cherche pas seulement une censure officielle dans les lois. Il évalue les conditions effectives du journalisme : pressions politiques, dépendances économiques, sécurité des professionnels, capacité des médias à produire une information indépendante et protection assurée par les États.

Dans les textes, une liberté peut être garantie. Sur le terrain, c’est une autre affaire : intimidation, violence, entrave à l’enquête ou fragilité économique d’une rédaction peuvent réduire cette liberté sans qu’une interdiction générale soit écrite noir sur blanc. Internet, la désinformation et les périodes électorales modifient aussi l’environnement informationnel. Ils ne constituent pas une explication unique.

  • Réduire l’indice à la seule censure est une erreur.
  • Déduire d’un bon rang l’absence de tout problème est faux.
  • Traiter un mauvais rang comme le diagnostic complet d’un pays est tout aussi imprudent.

Un indice signale des conditions d’exercice. Il ne dispense pas de l’enquête.

Liberté de la presse et liberté d’expression : pourquoi le classement ne suffit pas

La liberté de la presse relève de la liberté d’expression, mais les notions ne sont pas interchangeables. La première interroge l’environnement des médias et du journalisme ; la seconde couvre plus largement la parole, la réception des idées et leurs limites légales. Vie publique rappelle que la liberté et le pluralisme des médias figurent parmi les piliers de l’État de droit. C’est un principe républicain majeur.

Ce que le classement renseigneCe qu’il ne tranche pas seul
La possibilité concrète d’informer, d’enquêter et de publier sans pressions indues.Les débats sur les réseaux sociaux, la parole des élèves, la diffamation ou la protection des sources.
Les menaces pesant sur l’indépendance des médias.Le niveau exact de concentration économique ou la qualité complète du débat public.

L’expression « prédateurs de la liberté », employée dans les ressources liées au classement, vise des menaces identifiées contre l’information indépendante. Ce vocabulaire décrit une situation ; il ne remplace pas l’analyse des faits. Le rang donne un signal sérieux, pas une conclusion totale.

Exploiter le classement en classe sans confondre information, opinion et prise de position

Le classement de la liberté de la presse constitue un bon document d’éducation aux médias, à condition de ne pas en faire un palmarès à réciter. Une séance pédagogique peut partir d’une édition clairement datée et demander aux élèves d’identifier l’organisme auteur, de distinguer rang et score, puis de comparer les données françaises de deux millésimes. Ils formulent ensuite ce que l’indice permet d’établir et ce qu’il ne permet pas d’affirmer.

  1. Faire relever la source, la date et le périmètre du document.
  2. Faire expliciter les critères liés au journalisme.
  3. Faire justifier toute conclusion par le document étudié.

Dans les textes, rien n’impose d’éviter les libertés, les médias ou le fait religieux en classe. La neutralité impose une posture professionnelle : ni prescription d’opinion ni disqualification des convictions. Sur le terrain, c’est une autre affaire : sans consignes précises, l’échange dérive vite vers l’affrontement identitaire. La méthode protège la discussion. Pour approfondir : Questions sensibles sur la laïcité en classe.

Un classement mondial fournit un repère, non une sentence. Lisez toujours l’année, le score, les critères retenus et l’écart avec les autres pays avant de conclure. En classe, faites distinguer droit d’exprimer une opinion, liberté de la presse et pluralisme de l’information : cette rigueur évite les slogans et permet un débat véritablement instruit. Pour approfondir : Visite d’un lieu de culte avec une classe : quelles précautions ?.

Les questions du moment

Quel organisme publie le classement mondial de la liberté de la presse ?

Le classement mondial de la liberté de la presse est publié par Reporters sans frontières. Il porte sur les conditions d’exercice du journalisme et sur l’environnement des médias. Il ne constitue pas un classement général de toutes les libertés publiques ni des opinions individuelles.

Quelle place occupait la France dans le classement mondial de la liberté de la presse en 2024 ?

En 2024, la France occupait la vingt-et-unième place du classement mondial de la liberté de la presse, selon franceinfo. Elle était vingt-quatrième dans l’édition précédente, d’après Le Monde. Ces positions doivent être comparées avec leurs critères et leur millésime, pas isolément.

Pourquoi la Norvège est-elle souvent en tête des classements de liberté de la presse ?

La Norvège figurait en tête de l’édition 2025 du classement de Reporters sans frontières, selon Statista. Cette position indique que son environnement médiatique est évalué favorablement par l’indice. Elle ne signifie pas qu’aucune difficulté journalistique ou démocratique ne peut y exister.

Le classement de la liberté de la presse mesure-t-il toute la liberté d’expression d’un pays ?

Non. Le classement RSF mesure d’abord les conditions dans lesquelles les journalistes et les médias peuvent informer. Pour apprécier la liberté d’expression au sens large, il faut aussi étudier le cadre légal, les pratiques institutionnelles, le pluralisme des médias et les limites applicables à la parole publique.

À propos de l'auteur

Marie Texier

Rédactrice spécialisée en laïcité au premier degré

Rédactrice s'occupant, sur Laïcité École, des articles consacrés à la mise en œuvre quotidienne de la laïcité en classe, au premier degré.

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